La préservation de la diversité
des espèces vivantes est un des grands enjeux environnementaux
pour l'avenir, car c'est un patrimoine génétique
issu de millions d'années qui est menacé.
Chaque année des espèces régressent ou disparaissent,
généralement par destruction de leur habitat ;
A l'échelle de notre département, l'enjeu est de gérer
au mieux le patrimoine qui nous reste, et de concilier développement,
préservation et mise en valeur d'espaces qui, outre leur intérêt
pour la biodiversité, participent à la qualité
et à la variété de nos paysages.
La situation actuelle est la résultante d'une évolution
qui s'est faite en fonction des données géographiques,
mais aussi des modes d'utilisation et de gestion du sol, passés
et présents.
L'Eure-et-Loir est un département largement agricole, où
seul 1/6 du territoire n'est ni cultivé, ni bâti :
Surface
agricole cultivée
Superficie toujours en herbe
Surface boisée et autres surfaces
non cultivées
Bâti
Source
:DDAF
28
Le département possède toutefois encore des milieux naturels
intéressants, qui ont été répertoriés
dans le cadre du Schéma de gestion du patrimoine naturel. 22 grands
types d'habitats, de différentes natures, ont été
décrits.
LES FORETS, BOIS ET BOSQUETS
Largement présents dans certains secteurs
du département, plus relictuels dans d'autres, ils couvrent
environ 12% du département (soit 71000 ha). Ils sont d'une
valeur écologique très différente selon leur
mode de gestion et leur surface, mais peuvent être considérés
comme un "réservoir biologique". Les forêts
domaniales d'Eure-et-Loir, par exemple, couvrent 2% du territoire
(soit 12 000 ha) mais regroupent à
elles seules 50% des espèces végétales présentes
dans le département.
Ces milieux, qui représentent un stade final d'évolution,
sont relativement stables. Ils jouent de plus un rôle non négligeable
pour la préservation de la qualité de l'eau et de l'air.
LES MILIEUX AQUATIQUES OU LIES A L'EAU
Ils prennent des formes variées
:
sources, rivières et ruisseaux (environ 1 100 kms de
cours d'eau, dont 850 permanents)
mares, étangs, ballastières,
prairies inondables et prairies humides
tourbières et marais.
A la croisée du monde terrestre et du monde
aquatique, ces milieux regorgent de vie animale et végétale.
Ils ont également un rôle épurateur de l'eau, et
régulateur pour les inondations.
Ce sont donc des milieux très importants d'un point de vue environnemental.
Ils sont les plus menacés dans notre département.
LES PELOUSES OU PRAIRIES SECHES
Elles sont faiblement représentées
dans le département mais d'un intérêt écologique
majeur. Qu'elles soient sur sol calcaire (pelouses calcicoles)
ou siliceux, elles hébergent des espèces rares.
Ces milieux ont perduré grâce à des pratiques
agricoles telles que le pâturage, et risquent de disparaître
rapidement en cas de gestion non adaptée ou de destruction,
amenant ainsi la régression ou la perte d'espèces
liées à
ce type de formation végétale particulière.
Ils font l'objet de nombreux travaux de réhabilitation ou de
gestion à travers la France et l'Europe.
LES MILIEUX AGRICOLES
Peu accueillantes pour la flore et la faune,
les cultures hébergent toutefois des espèces
adaptées à ces milieux, dont certaines sont
rares et remarquables.
Le bocage présent dans le Perche, imbrication de haies,
prairies et bois, est un milieu plus diversifié, donc
plus riche, où de nombreuses espèces se côtoient.
L'évolution des systèmes d'exploitation
et des techniques agricoles a fortement modifié ces milieux,
mais de nouveaux modes de gestion agricole permettent de mieux concilier
productivité et diversité biologique.
LES MILIEUX HABITES
Constructions, parcs et jardins, mais
aussi voies de communication ont leur importance pour certaines
espèces, parfois devenues rares ou très rares
ailleurs, mais qui trouvent dans ces lieux par ailleurs
très artificialisés les conditions de leur
survie.
Les abords des voies de communication peuvent jouer un rôle
de "corridor écologique" permettant à
certaines espèces de trouver refuge, gîte,
nourriture, lieux de reproduction et couloirs de déplacement.
Il ne s'agit pas des milieux les plus menacés, mais
il est important d'y permettre le maintien de cette vie
sauvage.