L'alimentation en eau potable - Qualité de l'eau distribuée
Les nitrates et la qualité de l'eau prélevée en 2002 pour la consommation humaine.

En Eure-et-Loir, les nitrates constituent le paramètre le plus souvent mis en cause dans les situations de dépassement des limites de potabilité des eaux prélevées, comme des eaux distribuées par les réseaux publics.

Les 317 puits et forages utilisés en 2002 pour l'approvisionnement de la population départementale permettent de disposer d'un aperçu général de la qualité des nappes vis-à-vis de cet élément qui constitue un bon indicateur de sensibilité aux effets de la pollution dite "diffuse" par opposition aux pollutions ponctuelles ou accidentelles.

Les nitrates dans l'eau des puits et forages d'eau potable en 2002.
Nombre de puits ou forages selon la teneur en nitrates de l'eau (en mg/l).
   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
Pas de données (*)
   
(*) Réseaux approvisionnés par un mélange d'eau : plusieurs analyses sont pratiquées annuellement sur l'eau mélangée mais l'eau brute de chaque forage n'est analysée qu'une fois tous les deux ans, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Source : DDASS 28 - 2003

On constate que :
  • - pour 122 puits ou forages (près de 40% du total), la concentration en nitrates de l'eau est supérieure à la limite de potabilité de 50 mg/l. En 2000, ces chiffres s'établissent respectivement à 91 puits et 27 % du total
  • - pour plus de 20 % des puits et forages (70 sur 317), cette concentration se situe dans la fourchette 40 à 50 mg/l.

Si cette pollution de la ressource par les produits azotés n'est pas maîtrisée, les collectivités (communes, syndicats..) rencontreront de plus en plus de difficultés pour fournir de l'eau potable à leurs abonnés, alors qu'il s'agit d'une obligation légale.

En effet, même s'il existe des installations de traitement pour éliminer ou réduire les nitrates de l'eau distribuée, les coûts correspondants peuvent difficilement être supportés lorsque les réseaux n'approvisionnent que quelques centaines ou quelques milliers d'abonnés.

Il est indispensable qu'une impulsion nouvelle soit donnée aux actions de prévention, en particulier dans le domaine de la pollution diffuse.

Les nitrates et les eaux des distributions publiques en 2002

Une eau potable ne doit pas contenir plus de 50 mg de nitrates par litre.

RAPPEL DES EFFETS SUR LA SANTE

  • Les nitrates peuvent se transformer en nitrites qui réduisent les capacités de transport de l'oxygène par l'hémoglobine du sang. Les nourrissons et les femmes enceintes constituent la population la plus sensible à ce phénomène

  • L'hypothèse concernant l'effet cancérigène n'est pas définitivement tranchée.

Il est exact que l'eau d'alimentation ne constitue pas la seule voie d'apport puisque de nombreux aliments renferment des nitrates, parfois en concentration élevée (légumes frais, mais aussi produits de charcuterie où les sels nitrés sont utilisés pour la conservation).

Toutefois dès que la concentration dans l'eau excède 50 mg/l, la dose journalière admissible (DJA), c'est-à-dire la quantité globale journalière qu'il est souhaitable de ne pas dépasser pour le total des apports alimentaires, est très rapidement atteinte.

En tout état de cause, tant pour des motifs d'ordre sanitaire que dans un objectif d'équilibre des milieux naturels, il est indispensable de limiter le niveau d'exposition et donc de maîtriser ce phénomène d'enrichissement continu des ressources en eau.

La qualité de l'eau distribuée par les réseaux publics en 2002.
Nombre de réseaux selon la teneur en nitrates de l'eau
distribuée en 2002 (en mg/l).
   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
   
   

% de la population desservie et teneur en nitrates en 2002(en mg/l)

   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
   
   
Source : DDASS 28 - 2003

On constate que :
  • 128 réseaux ont distribué à plus de 16 % de la population du département une eau non conforme à la limite réglementaire de 50 mg/l de nitrates en 2002. Pour l'année 2000 ces chiffres s'établissaient respectivement à 94 réseaux et 11% de la population.

  • pour plus de 30 % de la population, la teneur en nitrates de l'eau fournie en 2002, était comprise entre 40 et 50 mg/l.

A signaler que trois collectivités importantes du département, CHARTRES Métropole, la CAdD (Communauté d’Agglomération de Dreux) et la commune de Châteaudun ont dû installer des unités pour traiter, tout ou partie, de l'eau produite du fait de teneurs excessives en nitrates.

Si ces installations n'existaient pas, ce serait alors plus de 50 % de la population qui recevrait une eau renfermant plus de 50 mg/l de nitrates.

Les données individuelles concernant la qualité de l'eau des forages et la qualité de l'eau distribuée par chacun des réseaux publics du département en 2000 figurent sur les deux cartes suivantes.

Enfin, si les nitrates constituent un bon indicateur, il est bon de rappeler que leur présence s'accompagne assez souvent d'autres éléments indésirables (pesticides notamment) moins fréquemment dosés car plus délicats et plus coûteux à rechercher, mais qui justifient tout autant de se préoccuper activement de la préservation d'une ressource naturelle qui connaît aujourd'hui un état de dégradation incontestable.

CONCENTRATION MOYENNE EN NITRATES EN 2004
Possibilité de zoom en cliquant sur la carte